PDC / EP03 : LE CATHÉDRALE, COMPLÈTEMENT FOOT

C’est dans une toute autre atmosphère que l’équipe de Piliers de comptoir s’est déplacée cette semaine. Toujours dans le Vieux Lyon, c’est au café de la Cathédrale que nous nous sommes rendus. Le temps d’une soirée, le bar se transforme en exutoire pour tous les fans de foot. Ambiance match, avec une grosse affiche diffusée sur grand écran en guise d’apéritif…

Quand le PSG affronte l’ OL, c’est toujours un évènement pour les supporteurs lyonnais. Entre l’envie de prendre la tête du championnat et la fierté de battre la machine à fric parisienne, les partisans des Gones ont bien du mal à dissimuler leur enthousiasme ce soir . Mais je ne vais pas m’attarder sur le sujet. Avec ses vieilles enseignes et pompes à essence pour décor, le café de la Cathédrale mise tout sur son côté années 50 américaines. On se croirait presque dans la série « Happy Days ». En arrivant, je vois que les meilleures places sont réservées (les réservations sont possibles les soir de match semble-t-il). Je trouve finalement une table pas trop mal située, en face de l’écran, histoire de bien suivre la rencontre. Je me dis que j’ai bien fait d’arriver trois quart d’heure avant le début puisque, vingt minutes plus tard, la salle est pleine à craquer, avec une majorité de personnes debout. Ce n’est qu’au coup d’envoi que je me rends compte que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, un bon nombre de femmes sont présentes. Elle ne sont pas en majorité certes, il ne faut pas trop en demander, mais quand même. On dit que le football n’est plus exclusivement masculin, et bien j’en ai la preuve sous les yeux. Des les premières minutes, l’excitation se fait immédiatement sentir, tout le monde à les yeux rivé sur la toile. Deux trois actions plus tard, tout le monde applaudit et encourage son équipe.

Mon voisin de gauche, pas très en place, ne cesse de bouger et crier pour défendre les Gones, qui maîtrisent techniquement et physiquement le jeu. Il semblerait que cela gène un client à côté, qui ne s’embarrasse pas pour lui faire comprendre. Le ton commence à monter entre les deux hommes. J’entends même un « Ta gueule ! » de la part du deuxième. On dirait que je ne suis pas la seule tendue par la rencontre. Après je pense, et ce n’est que mon avis, que si on veut regarder ce genre de compétition au calme, il vaut mieux rester chez soit au lieu d’ennuyer son monde. Sur ces bonnes paroles, mon voisin termine la discussion par un gentil « Je suis resté poli, alors au lieu de m’insulter, laisse-moi vivre mon match !». Il s’avérerait que ça ait calmé l’autre puisqu’aucun mot n’a suivi.

Au premier rang, j’aperçois une dame d’un certain âge (on l’appellera Germaine) qui défend avec ferveur l’Olympique Lyonnais. Une faute commise par un attaquant adverse et la voilà hors de ses gonds. Le PSG marque finalement un but juste avant la mi-temps, créant la déception générale. A la pause j’en profite pour aller me prendre une boisson. La jolie serveuse me sert mon sirop d’orgeat, tout sourire (non, pas d’alcool pour ce soir). Mon verre en main, je décide d’aller discuter avec la supportrice.

Il ne me faut pas moins de dix secondes pour comprendre que c’est un sacré personnage. Cheveux brun attachés en chignon et l’air décoiffé, elle me donne l’impression d’être en face d’une ancienne rockeuse. Fanatique inconditionnelle de l’ OL, elle est abonnée à Jean-Bouin et Jean-Jaurès (tribunes du stade Gerland) depuis maintenant 35 ans. Pour les matchs extérieurs, elle se retrouve là, toute les deux semaines, au café de la Cathédrale, avec sa place réservée. C’est une grands amoureuse du quartier Saint-Jean. Et quand on lui demande son avis sur la première période de jeu est difficile pour elle de garder son calme.

Je retourne m’asseoir et le temps d’arrêt ne semble pas avoir atténuer son ardeur.

La deuxième mi-temps laisse voir des Lyonnais à bout de souffle. Enchaînant les actions, le PSG ne laisse pas beaucoup d’espoir au supporteurs présents, impuissants et résignés devant la domination parisienne. Mais la situation ne désespère pas Germaine qui ne cesse d’encourager son équipe. Le choc se termine finalement sur le score de 1 à 0 pour le club de la capitale. Je n’ai pas le temps de me lever, que la groupie lyonnaise a déguerpi plus vite que son ombre. Il m’a semblé qu’elle m’évitait. En effet, pendant notre entrevue, je lui ai avoué être pour le PSG (au cas ou vous ne l’aurez pas remarqué).

Aviva NAKACHE

(Crédit Photos : A. NAKACHE / LD)

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